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Publié par med médiène

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Sabina Poppae, vers 1560

Renaissance française
Restée longtemps à l’écart du mouvement renaissant de l’Europe, la France au début du XVIème siècle connaît une période de paix qui lui permet de renouer avec la stabilité politique et une certaine prospérité. Lasse du désordre engendré par les conflits menés sur son territoire, la population des villes - celle du moins des nobles et des bourgeois - aspire à profiter de la douceur de vivre qu’offre la belle terre de France.
A la faveur de l’occupation d’une partie de l’Italie, François 1er, séduit par l’esprit et l’élégance en vogue dans les cours transalpines, réalise ce que peut apporter au prestige de son règne le vaste mouvement qui éveille alors un peu partout en Europe une immense soif de connaissances, d’échanges et de rencontres. Avec la nouvelle pensée italienne et sa nouvelle vision du monde, François 1er  revient à Paris chargé d’une grande quantité de tableaux de maîtres et d’objets précieux. Il décide de créer à Fontainebleau, sa résidence préférée située à soixante kilomètres au sud de Paris, un foyer d’art et d’idées semblable à ce qu’il a vu à Rome et Florence. Le roi esthète invite dans un premier temps Léonard de Vinci qu’il établit à Amboise, sur les bords de la Loire. Léonard y demeure, vivant ses dernières années, de 1516 à 1519. C’est là qu’il met la dernière touche à la Joconde, son chef-d’œuvre.
Les peintres de la péninsule s’installent à Fontainebleau, cette « nouvelle Rome » voulue par le monarque, et forment à leur conception de l’art la majeure partie des artistes qu’ils emploient. A la suite de Rosso (1530), du Primatice (1532) et de Nicolo dell’Abate (1540), ils adoptent le maniérisme à la méditerranéenne qu’ils combinent au réalisme un peu froid de la peinture nordique, historiquement très présente en France. Cette nouvelle manière de peindre se distingue par le brio d’une exécution – couleurs et dessin – qui souligne, dans le corps féminin modelé selon les codes esthétiques du temps, ce qu’il peut avoir de maniéré, de piquant et de sensuellement humain.

Le groupe d’artistes réuni à Fontainebleau ignore l’iconographie religieuse, évite de prendre parti dans la lutte qui oppose Réforme et Contre Réforme et choisit de traiter des thèmes profanes en adéquation avec l’air ambiant, c’est à dire pour l’époque, l’ordre, le progrès et le plaisir des fêtes. L’homme de la Renaissance est essentiellement individualiste. Il ne veut plus confier son passage sur terre aux hasardeuses prédictions d’une parole moralisatrice – fut-elle divine - et adhère au concret principe du Carpe Diem.
L’art pictural français se constitue au contact de cette approche inédite du monde  de la création. Progressivement l’artiste investit le domaine de la Nature, regarde émerveillé l’anatomie du corps humain et, d’un point de vue technique, se familiarise avec la perspective qui donne l’illusion de la profondeur à ses œuvres. En 1530 François 1er fonde le Collège de France. La littérature, pour faire reculer « le Monstre Ignorance », s’invite dans le débat et prône l’emprunt de mots étrangers pour enrichir la langue française. On redécouvre les textes d’Ovide, qui inspirent certains tableaux, ou ceux plus proches de l’Arétin, et l’on est charmé par les lutineries d’un Ronsard attiré, comme ses pairs, par les jeunettes « à peine écloses. » Les peintres, à la suite des poètes, s’emparent du thème de l’amour terrestre et de son caractère éphémère, en l’opposent aux choses de la vie qu’use l’inéluctable fuite des jours.
Le roi, ses maîtresses et les dignitaires de la cour sont, à leur demande, abondamment portraiturés comme s’ils dotaient superstitieusement l’artiste du pouvoir magique d’arrêter le temps. François 1er désigne par exemple Jean Clouet pour le représenter en Saint Jean Baptiste (1518), dans son habit d’apparat (vers 1525) ou à cheval (vers 1540).

Le goût pour le nu associé à celui de l’eau et de la chasse, inspire les multiples Diane, dont la célèbre Diane chasseresse (anonyme, vers 1550) ou Le bain de Diane (1550-1560) de François Clouet. Au même moment, vers 1550, Jean Cousin réalise l’attirante et terrifiante Eva Prima Pandora.
La femme des peintres bellifontains, mythologisée en déesse ou simple mortelle, est dotée d’une impertinente préciosité auréolée d’érotisme. Le délicat, le compliqué, la sensualité, dont la Dame à sa toilette (1570) de François Clouet ou Gabrielle d’Estrées et sa sœur (anonyme, vers 1594) constituent les exemplaires illustrations, commandent les rapports sociaux et sentimentaux de l’élite aristocratique et financière.
Les œuvres produites dans ces ateliers sont pour une grande part demeurées anonymes – les artistes, comme des ouvriers de l’art, n’étant pas habilités ou ne pensant pas à signer leur travail. C’est la raison pour laquelle elles sont encore présentées sous l’étiquette commode et généralisante d’Ecole de Fontainebleau. C’est cette école qui a pourtant contribué à « donner un visage à l’art français ».

Ecole de Fontainebleau - Diane chasseresse

Ecole de Fontainebleau - Diane chasseresse

L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
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L'Ecole de Fontainebleau
L'Ecole de Fontainebleau
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L'Ecole de Fontainebleau
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