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Publié par med médiène

Ingres - La grande Odalisque (en grisaille) 1823/1824

Ingres - La grande Odalisque (en grisaille) 1823/1824

- Savez-vous où cela se déroule?
- Non
- Dans un harem
- Qu'est-ce cela?
- Un bordel
Conversation entre le compositeur Salieri et une chanteuse d'opéra.

Amadeus de Milos Forman

Au 19ème siècle, en France, tout un courant de la peinture s’est attaché à montrer le monde fascinant et inquiétant prêté à cet Orient que l’Occident s’était mis en tête de conquérir. Dans son volet lié au rituel amoureux, ce courant donnait à voir des palais aux murs aveugles que des maris jaloux faisaient bâtir pour leurs belles Odalisques. L’extérieur se présentait souvent comme une citadelle à la façade sans charme, l’intérieur comme une prison que le seigneur, comme tous ces « grands artistes du chez soi » que seraient les Orientaux, aurait su transformer en « lieux de délices ». Demeures closes où le temps semblait arrêté, où la lumière, filtrée par les moucharabieh, blondissait l’atmosphère et où seul le bruit frotté d’un pas indiquait le passage d’une ombre.
Delacroix a su transcrire magnifiquement, dans ses tableaux orientalistes, cette variante méditerranéenne du clair-obscur nordique. Les fenêtres grillagées de ces appartements permettaient aux femmes de regarder, sans êtres vues, le monde du dehors. Fromentin, fin observateur de la société orientale, remarque dans Une année dans le Sahel : « Le charme de la vie arabe se compose invariablement de ces deux contrastes : un nid sombre entouré de lumière, un endroit clos d’où la vue peut s’étendre, un séjour étroit avec le plaisir de respirer l’air du large et de regarder loin. »
Pour se reposer du repos, ces femmes, dont l’existence n’était « jamais autre chose qu’une enfance », montaient l’après midi sur les hautes terrasses pour y rejoindre la société des autres recluses. La vie s’écoulait dans ces palais, moelleuse et lente, dans le luxe des tapis et des étoffes aux couleurs savamment mêlées, le doux murmure des fontaines et celui, dans l’arabesque des rigoles creusées à même le marbre, des filets d’eau claire qui rafraîchissaient les plantes du jardin, les massifs de fleurs, la vigne vierge, le chèvrefeuille, les orangers, le jasmin blanc et le jasmin jaune. On pourrait dire de ces habiles jardiniers qu’ils étaient les poètes de l’eau, les architectes du plaisir des yeux qui prépare, pour les amoureux, le plaisir du corps. Cette germination du désir se devinait inscrite dans les frissons de l’air que le continuel ruissellement de l’eau rappelait
Ainsi, l’alliance de la femme et de l’eau, leur complémentarité primordiale symbolisée par Vénus naissant de la mer, la mythologie l’inventait, l’Orient la vivait et les peintres la montraient. On imagine, à regarder les tableaux consacrés à cet univers merveilleux, les parfums et le silence musical qui berçaient ces femmes indolentes formées pour donner et recevoir la volupté. En ces temps de grande pruderie bourgeoise, on se plaisait à croire que les Orientales étaient des femmes soumises, et savantes dans l’art d’aimer. Les peintres ajoutaient, pour brider cette science redoutable, des eunuques noirs qui surveillaient ces jeunes splendeurs inemployées que l’ennui risquait de mener à d'imprudentes inconduites.                                                                 

L'Odalisque ou le nu prisonnier
L'Odalisque ou le nu prisonnier
L'Odalisque ou le nu prisonnier
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L'Odalisque ou le nu prisonnier
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L'Odalisque ou le nu prisonnier
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