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Publié par med médiène

          

Ecole de Fontainebleau, 1590                             

L’ge de l’innocence, le paradis perdu, reste la nostalgie primordiale de l’imaginaire occidental. Séduits, et peut être solidaires, de l’audacieuse infraction à l’ordre divin de la première pécheresse et hantés par la faute qui révélait au premier homme la douceur de l’amour charnel, les peintres n’ont cessé de montrer cette femme à la magnétique beauté et, plus clairement, la beauté du péché. Car le péché, disaient les moralistes, est la Femme, cette Eve près de laquelle rôde toujours le serpent de la tentation. Ce refus des plaisirs de la chair, et plus généralement le mépris du corps, répété inlassablement, eut pour conséquence un étrange résultat. Les bains publics, alors nombreux et souvent mixtes, disparurent de l’Europe chrétienne tandis qu’ils se maintenaient dans l’Empire Ottoman. Il faudra attendre le 19ème siècle et la politique hygiéniste des gouvernants pour que le bain redevienne une nécessité sociale.

Reprenant la femme à Dieu, les peintres puiseront dans ce vaste champ d’amour qu’est la mythologie les ressorts thématiques pour exprimer leur désir d’elle et se l’approprier. Le corps fut alors représenté dans une beauté d’autant plus trouble qu’il était expurgé des signes qui caractérisaient sa  sexualité. S’appropriant les nouvelles connaissances en matière d’anatomie et les couplant à la représentation du corps héritée des Anciens, la peinture érigera Vénus (La Naissance de Vénus de Botticelli, vers 1486) ou Apollon en modèles parfaits. Et seuls, moralement parlant, recevables. Rappelons que dans la statuaire grecque l’homme était plus représenté que la femme et que cette dernière se sculptait sans son sexe. Une sorte de territoire vide en tenait lieu.

Sous l’impulsion de la Renaissance, qui éveillait alors un immense appétit de connaissances, l’art pictural français se transforme. On redécouvre les textes d’Ovide ou de l’Arétin, plus lestes, et l’on est charmé par les lutineries d’un Ronsard friand de mignonnes. Les artistes Italiens, invités par François 1er à Fontainebleau, imposèrent leur vision de la peinture et influencèrent la majeure partie des peintres bellifontains. A la suite de Rosso et du Primatice, ils adoptent le maniérisme. Cette nouvelle manière de peindre se distinguait par le brio d’une exécution – couleurs et dessin – qui soulignait, dans le corps féminin, l’affecté ou le gracieux. La femme, Vénus ou simple mortelle, y était dotée d’une excitante préciosité saturée d’érotisme. Le délicat, le compliqué, le luxe, le désir amoureux, dont la Dame à sa toilette (1570) de François Clouet ou Gabrielle d’Estrées et sa sœur (vers 1595) constituent les exemplaires illustrations, commandèrent les rapports sociaux et sentimentaux de l’élite. L’Ecole de Fontainebleau contribua ainsi à « donner un visage à l’art français ». Le goût pour l’érotisme, associé à celui de l’eau et de la chasse, inspira les multiples Diane, dont la célèbre Diane chasseresse (vers 1550). Au même moment Jean Cousin réalisait l’attirante et terrifiante Eva Prima Pandora (vers 1550).

 

Naissance de Vénus de Botticelli, vers 1486)

 

Eva Prima Pandora (vers 1550).

La Renaissance : le printemps du nu
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