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Publié par med médiène

Titien : Le nu couché.

Reprenant la grâce tendre de la Vénus de Giorgione, La Vénus d’Urbino, « la donna nuda » du Titien, est une commande de Guidobaldo della Rovere, un influent patricien italien.
La jeune femme au bouquet de roses, sans doute le portrait de la maîtresse du prince, repose allongée sur un lit, la main posée sur son sexe, le désignant plus que le dissimulant. Sa sensualité rayonnante, que souligne son regard insistant, est mise en valeur par la tenture sombre qui fait ressortir ses seins pommelés et fermes - du ventre légèrement arrondi à sa tête penchée avec coquetterie. Deux servantes au fond de la pièce rangent du linge. Nous ne sommes manifestement pas conviés à admirer une Vénus mythologique : cette beauté s’apparente plus à une courtisane de haut rang qu’à une divinité, fût-elle la fabuleuse mère de l’amour.
Titien abordera d’autres moments de la vie de la femme : pendant sa toilette ou goûtant un morceau de musique. Dans Vénus à sa toilette (1555), l’ivoire chaud du corps est placé dans l’écrin rouge d’un manteau frangé du brun fauve de la fourrure. Le miroir renvoie l’image que nous regardons, proposant ainsi deux points de vue d’un même visage. Titien, ici, offre à notre jugement son idéal féminin, opulent et séduisant, que l’on sent traversé dans ce tableau à la fois par la morale, la sensualité et cette pointe d’érotisme que le peintre mêle au sentiment de l’amour.
Vénus avec Cupidon et un organiste décline la nudité épanouie de la déesse mollement étendue sur un lit défait. Elle semble écouter les conseils d’un Cupidon égrillard. Le musicien, délaissant l’instrument dont il joue, se tourne vers l’appétissante auditrice et darde son regard de façon explicite vers l’objet invisible de son désir. A ce sexe inmontrable, la grammaire maniériste substitue la bouche rouge aux lèvres entrouvertes, langue palpitante, d’une Vénus mise en jouissance par un caressant Cupidon (Allégorie de l’Amour de Bronzino, vers 1540).
Danaé, l’un des sujets mythologiques les plus ouvertement érotiques, est traité par Titien de manière non équivoque. Danaé, les cuisses ouvertes, s’abandonne « à la vie profonde des sens » en se donnant à Zeus, son irrésistible séducteur, qui coule en elle sous la forme d’une pluie d’or.
Le concert champêtre (vers 1509), l’un des tableaux de Titien les plus copiés, rassemble un groupe de personnes qui organisent un concert. Deux femmes nues occupent une importante place dans la toile. L’une, debout, puise de l’eau en un mouvement dansant, l’autre est assise tenant une flûte entre ses mains. La carnation claire de leurs corps à peine voilés s’oppose au chatoiement des costumes de leurs compagnons. Une paix légère se dégage de cette scène où la nature met en relief la peau moirée de la femme au premier plan. Titien joue ici sur l’effet produit par la juxtaposition du corps nu et du corps vêtu que Manet, plus tard, reprendra

Titien : Le nu couché.
Titien : Le nu couché.
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