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Publié par med médiène

Rembrandt, La fiancée juive

Rembrandt, La fiancée juive

Comme Rubens, Rembrandt travaille dans son atelier avec des compagnons et des élèves. Il adopte habilement les canons esthétiques de la Renaissance comme dans Danaé (1636) où il adapte à sa manière l’histoire de cette jeune vierge enfermée par son père dans une chambre de bronze. Le peintre réécrit le mythe et fait intervenir Zeus non sous la forme convenue d’une pluie d’or mais incarné en mortel costumé à la mode hollandaise. Danaé, totalement nue dans son lit aux draps immaculés, au milieu de ce troublant « amas doré d’ombres et d’abandons », fait signe tendrement à cette silhouette humaine. Le jeune Eros, voletant au dessus d’elle, assiste à cette rencontre nappée de désir féminin. Le corps plein et doré de Danaé évoque plus le corps d’une femme comblée ou en attente de l’être qu’une vague et languide héroïne mythologique. La lumière sombre, ou le clair-obscur comme il est dit à propos de la technique de Rembrandt, qui baigne la chambre ouvre à toutes les suppositions liées à la réalisation de l’amour physique. L’atmosphère orientalisée de la scène est accentuée par un éclairage blond qui fait du lit central aussi bien le lieu de la tendresse que celui des ébats. Certains amateurs ont été choqués par l’aspect concret du désir que l’on sent remuer la chair et le sang de cette Danaé humaine, en réalité Saskia van Ulenburg, la femme de Rembrandt.

Suzanne et les vieillards (1647), sujet biblique par excellence, est traité ici par Rembrandt sous la forme d’un drame qu’il décide inévitable. Suzanne à moitié nue, sur le point de se baigner dans le bassin protégé de son jardin, est solidement agrippée par l’un des vieillards qui « veulent coucher avec elle », alors qu’apparaît la barbe blanche du second agresseur. La protestation muette du regard de Suzanne, l’innocente épouse de Joachim, prend à témoin celui du spectateur qui assiste à cette agression.

Hendrickje Stoffels se baignant dans une rivière (1654). La nouvelle compagne de Rembrandt, Hendrickje, dodue jeune personne prêtera ses traits à nombre de ses tableaux. Dans cette toile l’artiste peint sa femme debout dans une longue chemise retroussée jusqu’aux cuisses, nue sous elle, les jambes écartées enfoncées dans l’eau peu profonde d’une rivière. Esquissant un sourire, la tête légèrement penchée en avant, Hendrickje semble nous suggérer qu’elle s’amuse à regarder dans l’onde l’image reflétée de son intimité. Cette scène, originale par son thème, osée par son traitement, place Rembrandt au premier plan des peintres que préoccupe la représentation du sexe de la femme.

Bethsabée avec la lettre du roi David (1654). Là encore, Rembrandt applique sans concession, dans sa pratique de peintre, sa conception de la femme qu’il traite au plus près de la réalité, refusant toute idéalisation. Bethsabée, autre personnage de la Bible, est montrée une lettre à la main, songeuse et comme indifférente au reste du monde. Sa servante lui sèche un pied, tandis que l’opulente splendeur de sa chair éclaire la scène d’une lumière tamisée, propice au rêve. Elle décide sans doute à cet instant d’accepter la relation adultère que lui propose le Roi des rois. Tout le poids de son corps généreux semble la conduire à cette décision. La pose de Bethsabée évoque une sorte de fatalité impossible à éviter : il est dit que sa destinée est de partager la couche de David et que ce ventre peint d’une façon voluptueuse portera son enfant. La sexualité ici est à venir, rien encore n’est consommé, mais elle est subtilement inscrite dans le regard baissé de Bethsabée et dans la manière dont elle offre sa nudité, bientôt fautive, à ce bout de notre regard.

Rembrandt : Le plaisir nu ou la chair de l'amour
Rembrandt : Le plaisir nu ou la chair de l'amour
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Rembrandt : Le plaisir nu ou la chair de l'amour
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