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Publié par Med Médiène


Il s’agit dans ce propos d’évoquer l’un des thèmes balzaciens les plus fréquents dans La Comédie Humaine : la passion. Non celle de l’or, de l’argent mais celle du corps, avec ou sans le cœur. Et d’analyser le lieu, le Paris aristocratique et très fermé, où ces passions peuvent se déployer et se réaliser impunément.
Quatre personnages sont les protagonistes principaux de ces deux nouvelles.
Henri de Marsay et Paquita Valdès dans La Fille aux yeux d’or. La princesse de Cadignan - plus connue sous le nom de duchesse de Maufrigneuse - et Daniel d’Arthez dans Les Secrets de la princesse de Cadignan.
Il s’agit dans ce propos d’évoquer l’un des thèmes balzaciens les plus fréquents dans La Comédie Humaine : la passion. Non celle de l’or, de l’argent mais celle du corps, avec ou sans le cœur. Et d’analyser le lieu, le Paris aristocratique et très fermé, où ces passions peuvent se déployer et se réaliser impunément.
Quatre personnages sont les protagonistes principaux de ces deux nouvelles.
Henri de Marsay et Paquita Valdès dans La Fille aux yeux d’or. La princesse de Cadignan - plus connue sous le nom de duchesse de Maufrigneuse - et Daniel d’Arthez dans Les Secrets de la princesse de Cadignan.
- La Fille aux yeux d’or : de Marsay, l’un des personnages le plus rencontré dans La Comédie Humaine (il est devancé par Nucingen et Bianchon), accompagné du
marquis de Ronquerolles et de Paul de Manerville. L’héroïne, Paquita Valdès qui meurt « de la poitrine ».
- Les Secrets de la princesse de Cadignan : Madame de Maufrigneuse, personnage important de La Comédie Humaine, Madame d’Espard et Daniel d’Arthez, personnage évoqué assez souvent dans l’œuvre de Balzac. Il est l’écrivain de fiction qui ressemble à l’auteur. Dans cette nouvelle, sont présents Rastignac, Maximes de Trailles et Blondet.
Dans ces deux nouvelles, Balzac nous propose deux sortes de passion et nous décrit, par le biais de sa formidable connaissance du cœur humain de son époque, les tactiques utilisées par les chasseurs d’amour pour arriver à leurs fins (deux sortes de chasseurs, l’une mâle, de Marsay, l’autre femelle, Mme de Maufrigneuse).
Dans La Fille aux yeux d’or de Marsay rencontre sur la promenade du Louvre une femme extraordinairement belle et qui lui fouette les sangs. « J’aurai décidément cette fille comme maîtresse » se dit-il, et Balzac nous le montre à l’œuvre, guettant, suivant, harcelant la fille aux yeux d’or jusqu’au moment où il réussit à l’obtenir, après plusieurs tentatives. Il découvre alors que cette femme de plus de vingt ans est vierge mais pas innocente, sexuellement parlant. Il devine enfin la vérité : elle est la maîtresse, non de M. de San Réal, comme il le supposait, mais de sa femme. Cette découverte éclairera le lecteur sur certaines obscurités du texte (la voix, la mère, la surveillance jalouse exercée sur la jeune femme…) et expliquera le dénouement tragique de la nouvelle : la mort de Paquita Valdès, tuée à coups de couteau par Mme de San Réal, qui se révèle être la demi-sœur de de Marsay lui-même.
L’intérêt de ce texte, dont un film a été tiré par Albicoco avec Marie Laforêt dans le rôle de Paquita, est de voir comment Balzac met en scène une passion amoureuse que la morale et lui-même rejettent. L’amour de Paquita Valdès pour de Marsay est subit, réel, profond, pur, total mais il est condamné par de Marsay, qui est avant tout un Don Juan et par la double tare de Paquita qui est une roturière (cette tache sera lavée dans le sang – la marquise, meurtrière, ne sera pas inquiétée) et une lesbienne, c’est à dire une femme en infraction avec son statut, moral et social.
Elle symbolise dans l’ordre bourgeois qui s’installe au 19ème siècle la faute suprême et le scandale inacceptable.
Pour Balzac, comme pour la majorité de ses contemporains, l’amour ne peut se concevoir qu’entre un homme et une femme et, lorsqu’il correspond à la norme, que dans une conjugalité assumée. Il snourrit alors des notions contenues dans l’idée du mariage consacré par l’église justifiant et la famille et les enfants.
Or, nous allons voir que dans la seconde nouvelle, Les Secrets de la princesse de Cadignan, une passion plus naturelle, mais tout aussi amorale, va se solder par un semblant de réussite.
L’intrigue va se nouer/se jouer à partir d’une discussion sur l’amour et le temps qui passe entre la princesse Diane et Mme d’Espard. Les deux personnages au passé amoureux chargé s’aperçoivent au soir de leur vie qu’il ne reste rien de ce qui les avait tant occupés pendant leurs jeunesses.
Mme de Maufrigneuse qui avoue treize amants, qu’aujourd’hui elle méprise, confie à Mme d’Espard son souhait de rencontrer enfin un homme, un vrai, pour lui faire oublier la grisaille de son ancienne vie. « J’étais blasée d’adoration, fatiguée sans plaisir, émue à la superficie sans que l’émotion me traversât le cœur. J’ai trouvé tous les hommes que j’ai connus, petits, mesquins, superficiels : aucuns d’entre eux ne m’a causé la plus légère surprise, ils étaient sans innocence, sans grandeur, sans délicatesse. J’aurais voulu rencontrer un homme qui m’eût imposé.
- Seriez-vous comme moi… n’auriez vous jamais rencontré l’amour en essayant d’aimer ?
- Jamais, répondit la princesse. »
L’aveu de Mme de Maufrigneuse est d’importance. Il dévoile le vide d’une vie que le mode croyait heureuse et qui n’était que brillante.
Les deux amies décident de conquérir Daniel d’Arthez, romancier connu et génial qui siège à l’Académie. La princesse ouvrira le feu le soir où un dîner réunira un petit groupe d’amis, dont Rastignac et Blondet.
La beauté et l’habileté (elle prend le rôle de la femme incomprise) de Mme de Maufrigneuse fonctionneront parfaitement et Daniel, ébloui, séduit, succombera à Diane la chasseresse. Mais pour corser le jeu, Mme de Maufrigneuse « ce Don Juan femelle » relatera à l’homme piégé ses aventures parce que, dit-elle, « ce qui m’a manqué jusqu’à présent, c’était un homme d’esprit à jouer. Je n’ai eu que des partenaires et jamais d’adversaire. »
Mais ces confidences, apparemment naïves, sont truquées et servent la princes
Tartuffe, prévient Balzac, est une vétille devant la comédie jouée par Diane de Maufrigneuse. D’Arthez se laissera prendre par cette femme qui connaissait si bien les hommes et tombera éperdument amoureux d’elle. Si bien que, même lorsque Mme d’Espard, pour déconsidérer son amie, invite d’Arthez et les anciens amants de Diane à un dîner qui doit mettre dans son esprit un terme à la liaison des deux futurs amants, d’Arthez, en homme fin et droit, défendra celle qu’il aime et qui deviendra sa maîtresse.
Mme de Maufrigneuse a gagné un amant inespéré mais la Littérature aura perdu un écrivain de talent car, nous dit Balzac, D’Arthez occupé par son amour ne produit presque plus rien.
Quelques amants déclarés de Diane de Maufrigneuse, princesse de Cadignan, dont elle conserve le portrait, figurent dans un album « offert par le Roi » : Maxime de Trailles, Henri de Marsay, Eugène de Rastignac, le marquis d’Esguignon , le général de Montriveau, le marquis de Ronquerolles, le marquis d’Adjuda-Pinto, le Prince Galathione, le duc de Grandlieu, le duc de Réthoré, Lucien de Rubempré, le vicomte de Serisy.

Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)
Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)
Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)
Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)
Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)

Balzac - La Fille aux yeux d'or (Marie Laforêt)

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