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Publié par Mohamed Médiène

A propos de ce récit marocain Montherlant écrit « C’est le meilleur livre que j’ai lu sur le Maroc. »
En Février 1889, à 39 ans, Pierre Loti reçoit une proposition de Jules Patenôtre, qui vient d’être nommé ministre plénipotentiaire à Tanger. Il doit présenter ses lettres de créances au Sultan. Jules Patenôtre désire que Loti fasse partie de la délégation officielle. Il accepte.
Loti est un auteur qui publie beaucoup et ses récits ont du succès.
Il se fait connaître, en plus, par ses articles dans le Figaro qui fustigent les excès des troupes françaises dans le Tonkin. Mais le nom de Loti est surtout lié à la Turquie, à Tahiti, au Sénégal, au Japon et à la Bretagne. Maintenant, avec ce récit, à l’Afrique du Nord.

Au Maroc paraît 9 mois après son voyage. Ce récit est la première grande œuvre d’art conçue par Loti à propos d’un voyage.
Le monde de l’Islam  est une patrie mythique pour Loti depuis 26 ans – depuis qu’il a découvert la Turquie.
Sa découverte de Stamboul, le 1er août 1876, est pour le jeune homme une date essentielle.
Le monde musulman correspond à sa manière d’être la plus profonde.
Il écrit dans Au Maroc « Moi qui me suis toujours senti l’âme à moitié arabe », le monde musulman est sa « seconde patrie.» Loti a été Turc comme Stendhal a été Milanais.
Loti prépare son lecteur, il prend des précautions, il l’avertit que le récit qu’il a entre ses mains est différent de ses autres écrits. Ici, il se dit, se montre et dit et montre ce à quoi il tient.
Il craint de ne pas être compris, de décevoir l’attente du lecteur. D’où sa préface.
Loti au Maroc « où la vie demeure la même aujourd’hui qu’il y a mille ans. » C’est un pays sans route, sans chemin. « Jamais n’a été plus brusque ou plus complète l’impression de dépaysement, de changement de moi-même en un autre personnage d’un monde différent et d’une époque antérieure. »
L’odeur des fougères lui rappelle la Saintonge et la pluie à « une Bretagne d’une époque antérieure. »
« Ce pays désert où l’on se sent si pleinement vivre. »
Au Maroc il recevra l’aide de quelques Français au service du Sultan Moulay Hassan.
Il pourra visiter Fez, les marchés, les bazars et observer, de sa terrasse, ses voisines. De là, il voit et devine bien des secrets.
Il ira au marché aux esclaves. Il n’y trouvera personne, sauf une petite négresse que sa maîtresse est obligée de vendre. Cette page de pitié, chez Loti, sonne juste.
Beaucoup de choses manquent mais ce récit qui s’invente en s ‘écrivant, offre un tableau magnifique du pays.
Descriptions des ciels, des fleurs, la beauté des visages, des attitudes, des vêtements… Tout devient phrases musicales, prétexte à harmonie.
Très peu de jours, mais une impression de durée. Pendant ce voyage, il pleut souvent.
Pas d’arbres. Pas de villages sur l’itinéraire de l’ambassade.
Notations. Rien ne sera retranché ou retouché. Impressions à vif. Il immortalise les événements passagers. Par son écriture « il sauve » la forme d’un visage, d’un regard, d’un geste.

Le voyage dure du 26 mars au 4 mai 1889

Pierre Loti au Maroc, 1890

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