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Publié par Mohamed Médiène

Par ses écrits et ses peintures Etienne Dinet contribue à mieux faire connaître les moeurs et les coutumes, ainsi que le mode de vie des populations du Sud algérien. Après une courte période parisienne où Etienne Dinet peint des scènes religieuses, il se rend dans le désert algérien avec un ami, peintre lui même. Les oasis. Carnet de croquis. Note les attitudes des laveuses au bord des oueds; le jeu des enfants; la grâce des danses des jeunes filles. Mais aussi il s’intéresse à des scènes plus dures et aux visages marqués des hommes.
Ce voyage commence une histoire amoureuse qui l’attache au pays et ses habitants. Il s’inscrit aux Langues orientales pour apprendre la langue arabe.
Cette passion durera 45 ans, jusqu’à sa mort, en 1929.
Les premières oeuvres de Dinet : travail presque scientifique de la lumière, de la réverbération du soleil sur le sol.
Paysages sans personnages, où alors lointains. Prédilection pour les terrasses des oasis sahariennes.
Vers 1889 ses tableaux s’animent de personnages en pied, pris à mi-distance, alors que par la suite, il les rapprochera de l’oeil, les coupant en bas, ou sur le côté, selon la technique introduite par les impressionnistes.
Mais il est encore plus intéressé par la lumière intense qu’à montrer les émotions humaines, ce qu’il fit plus tard excellemment.
1904. Bou-Saada devient sa ville, sa seconde patrie. Il y achète une maison, une maison de terre avec terrasse, devenue aujourd’hui le musée Dinet. Il explore l’imaginaire saharien et continue à se perfectionner dans la langue arabe. C’est là désormais qu’il puisera l’essentiel de son inspiration. Il proclame la même année dans Les Fléaux de la peinture sa répulsion pour les grands tableaux sombres. Pour lui la peinture est couleur et insiste sur l’importance de la fraîcheur des coloris et leur solidité. Il s’insurge également contre l’utilisation du vernis qui dénature selon lui l’oeuvre : il préconise l’adjonction de l’oeuf.
Puis y renonce. Ses maîtres : Cézanne et Gauguin et Rembrandt avec “ ses mystères du clair-obscur ”. Au Sahara Dinet respecte la luminosité, la couleur et les lignes extrêmement marquées qui le structurent vigoureusement. Chez lui la composition est très rigoureuse, assez classique même, et la luxuriance du décor, des coloris et du détail anecdotique que la composition classique tendait justement à supprimer.

Pas de flou dans ses scènes, précision impeccable de son dessin. Il se place dans une forme de réalisme qui n’est pas forcément la vérité. Il prend une scène d’un ensemble qu’il fouille comme un sculpteur. Il fut un ami de Rodin.
Il admire “ les grands décorateurs de l’Orient ”. Amitié avec le Docteur Mardrus, traducteur des 1001 nuits. Goût pour la miniature. Mais les miniatures persanes représentaient le monde aristocratique alors que Dinet regardait plutôt les milieux populaires. Chaque oeuvre de Dinet : fragment de miniature considérablement grossi.
L’évidence des vérités physiques : les classes d’âge. Femmes âgées jamais enlaidies dans leurs costumes chatoyants, dans leur rôle d’entremetteuse, et leur droit au plaisir reconnu par les plus sages des hommes. Vie saharienne, vie de groupe qui rassemble toutes les générations.
La maturité épanouie : rouge écarlate. Les jeunes filles : rose et mauve. Intérêt pour les femmes-enfants expertes dans l’art du maquillage, même costume que les adultes. Frontière indécise. Autre rapport à l’innocence.
Dinet : désir intense d’arracher à l’oubli le réel saharien qu’il s’est donné pour tâche de faire voir.
Il fréquentait auparavant Biskra (célébrée par Gide) et Laghouat (décrite par Fromentin en 1852) où il observait les fameuses femmes des Oulad Naïls et leurs somptueux costumes, couvertes de bijoux, des jeunes garçons au crâne rasé et les hommes en prière - sujet important pour un homme aussi religieux que Dinet.
Il parlait couramment l’arabe et son ami et complice Sliman Ben-Brahim le fit pénétrer plus avant dans la vie locale.
En 1897 ils visitent ensemble l’Egypte “ pays qu’il faut voir en touriste ou en savant ” confiait, déçu, Dinet à l’un de ses correspondants.
Publication d’une série de livres chez l’éditeur Piazza, avec Sliman et le miniaturiste Racim.
1898, Antar, poème orné de 132 illustrations.
1902, Le Printemps des coeurs, légendes sahariennes recueillies par Sliman, traduites et illustrées par Dinet. Dessins où l’on voit la fascination qu’exerce la beauté sensuelle des jeunes sahariennes sur le peintre.
1906, Mirages, ou Tableaux de la vie Arabe, livre également illustré.
1911, le Désert.
1926, Khadra, danseuse des Oulad Naïls, terminé en 1906.
Toujours en contact avec Paris, il participe aux différents salons où ses toiles obtiennent un grand succès. Toutes, cependant, n’ont pas pour thème le jeu, l’amour ou la prière. Certaines traitent de thèmes plus douloureux et qui s’éloignent de la veine orientaliste : le deuil, la maladie, l’emprisonnement, la répudiation ou encore la conscription. Dinet tente dans sa peinture de montrer les aspects les plus ordinaires et les plus quotidiens du monde réel qu’il a sous les yeux. Il restitue ce qu’il voit, saisissant le vif de l’anecdote sans chercher à en dégager la portée symbolique. Ce qui a fait dire que sa peinture constituait une série d’instantanés de la vie saharienne. On sait que Dinet était un adepte passionné de la photographie et l’on peut supposer que cette technique a dû conditionner son art.
Caractère réaliste de son travail dans l’éclat vif des couleurs. Mais aucun luxe, que le dénuement qui est celui du désert. Ni Ingres (odalisques), ni Gustave Moreau (raffinement et décadence de l’Orient). Il sent et montre, il n’analyse pas.
Les Oulad Naïls : danseuses perverties, ivrognes, haillons sordides, misère physique et morale à l’époque de Dinet. Ce qu’il fait : il opère un léger décalage pour parler d’elle au temps de leur splendeur (cf. Balzac). Il représente le “ Café chantant ” tel qu’il l’a connu à son arrivée, 20 ans plus tôt.
Après la 1ère guerre mondiale, son style semble se relâcher. Il a recours aux coloris roses, turquoises, mauves et bleus. De nombreux tableaux, surtout ceux mettant en scène des jeunes filles, trahissent à cette époque une certaine prétention et un notoire recours à la facilité. Dés lors, en France, il sera moins apprécié alors que les Français d’Algérie continueront à l’estimer.
1913-1923. Dinet se convertit à l’Islam en 1913. La sincérité de sa conversion, pense-t-il, aidera à l’entente franco musulmane. Comme Lyautey, il croit que l’Autorité coloniale doit assouplir sa politique si elle veut que la présence française se maintienne en Algérie.
Dinet approuvait la revendication de l’égalité des droits pour les Algériens et cherchait à donner dans ses tableaux une approche philosophique et morale de la société algérienne et du mysticisme de l’Islam.
En 1918, publication de La vie de Mohammed où il développe ses positions en matière religieuse et politique.
1921, publie un essai critique : L’Orient vu par l’Occident où il distingue les savants qui parlent d’un monde qu’ils ignorent et ceux qui y vivent en rêveurs.
En 1929 Dinet, Slimane et la femme de ce dernier effectuent le pèlerinage à La Mecque. Il devient Hadj Nasr-Ed-Dine Dini.
Dinet meurt à  la fin de l’année 1929. Un service fut célébré à la Mosquée de Paris avant l’inhumation à Bou-Saada, dans la Kouba funéraire qu’il s’était fait construire.
Dinet, célébré en Algérie est oublié en France. Après sa mort,  ses toiles se vendent au dessous de leurs valeurs.
Dans les années 1970 un  regain d’intérêt se manifeste à l'égard de son oeuvre. Ses taleaux sont aujourd'hui très recherchés.

Etienne Dinet - Raoucha
Etienne Dinet - Raoucha
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