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Publié par med médiène

Article revu et augmenté le 28 janvier 2016

Avec le téléfilm Pour Djamila de Caroline Huppert, 2012

Djamila Boupacha après sa sortie de prison en avril 1962

Djamila Boupacha après sa sortie de prison en avril 1962

Simone de Beauvoir présidente du comité de soutien à Djamila Boupacha, café de Flore, Paris

Simone de Beauvoir présidente du comité de soutien à Djamila Boupacha, café de Flore, Paris

Djamila Boupacha a 22 ans quand elle est arrêtée en février 1960 par les paras du général Massu. Elle est accusée d'avoir posé une bombe qui n'a jamais explosé. Mise au secret, elle subit quotidiènement d’atroces tortures (baignoire, gégène, coups, bouteille enfoncée dans le vagin ...) pendant 33 jours dans les sinistres sous-sols du centre de tri d'El-Biar à Alger. Dans La question le journaliste Henri Alleg avait dressé en 1958 le répertoire précis des sévices que lui même avait subi avant de s'évader de la prison où il était détenu.
Gisèle Halimi, prévenue par ses proches de la détention extra judiciare de la militante indépendantiste se rend à Alger. Elle parvient difficilement à la voir mais les autorités la contraignent à repartir en France. A Paris, avec l’appui de Simone de Beauvoir, un Comité de soutien à Djamila est constitué présidé par la compagne de Sartre. A la suite des révélations contenues dans l'article que Simone de Beauvoir publie dans Le Monde en juin 1960, un mouvement de protestation s’enclenche mené par des intellectuels français – de Jean Paul Sartre à François Mauriac, de Maurice Jeanson au Cardinal d’Alger, Monseigneur Duval. Cette mobilisation, outre qu’elle pose sur la place publique la question de la torture, permet de braquer les projecteurs sur le cas de Djamila, la protégeant ainsi du risque de "disparaitre" comme le fut Maurice Audin en 1958. On sait aujourd'hui qu'il a été étranglé par ses tortionnaires.
Françoise Giroud dans l’Express met la pression sur les autorités en informant ses lecteurs de la réalité des faits commis en Algérie. En même temps Simone Veil, rescapée de Ravensbrück, qui est à l’époque chargée des affaires pénitentiaires au ministère de la justice intervient auprès de son ministre de tutelle, Edmond Michelet, ancien Résistant. Bousculé par une partie de l'opinion publique, il consent à ce que Djamila Boupacha soit transférée dans une prison de la Métropole. Poussé par sa hiérarchie, le tribunal militaire d'Alger se dessaisit du dossier et le renvoie à Paris. Simone Veil, qui a connu la violence des camps nazis, parachève de la sorte l’action du Comité en mettant Djamila hors de portée des militaires de Massu. La jeune détenue est transférée d’abord à la prison de Fresne en juillet 1960, puis dans celles de Pau et de Caen.
Djamila est graciée, sans avoir été jugée ni condamnée, par le Général de Gaulle à la veille du cessez-le-feu, le 19 mars 1962. Elle est libérée le 21 avril de la même année et bénéficie d’une ordonnance de non lieu le 7 mai

Au bruit médiatique produit par ces femmes tenaces il faut ajouter un soutien de poids, celui de Picasso, qui réalise le portrait de Djamila pour la couverture du livre de Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi publié en janvier 1962. Un autre peintre, Roberto Matta, exécute dans la même période plusieurs tableaux autour de la guerre d’Algérie. L’un d’eux, Le supplice de Djamila, une œuvre en noir et blanc comme Guernica, rend hommage à travers la jeune femme, à toutes les victimes de la barbarie humaine - celle d’hier et celle de maintenant.

En 1982 le peintre M'hamed Issiakhem représente le Cardinal Duval dans une oeuvre conservée aujourd'hui au musée des Beaux-Arts d'Alger

Pour Djamila, film réalisé par Caroline Huppert avec

FILM

Pour Djamila, film de Caroline Huppert

Picasso, Matta, Issiakhem

Pablo Picasso - Portrait au fusain de Djamila Boupacha, décembre 1961

Pablo Picasso - Portrait au fusain de Djamila Boupacha, décembre 1961

Roberto Matta - Le supplice de Djamila, 1962. Tableau en noir et blanc

Roberto Matta - Le supplice de Djamila, 1962. Tableau en noir et blanc

M'hamed Issiakhem - Le Cardinal Duval, Archevêque d'Alger, huile sur toile, 1982

M'hamed Issiakhem - Le Cardinal Duval, Archevêque d'Alger, huile sur toile, 1982

Maurice Audin, universitaire

Henri Alleg, journaliste

Juin 1957 disparition à Alger de Maurice Audin - Assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du parti communiste algérien

Juin 1957 disparition à Alger de Maurice Audin - Assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du parti communiste algérien

Henri Alleg en 1958. Journaliste à Alger Républicain, il est le dernier à avoir vu Maurice Audin vivant

Henri Alleg en 1958. Journaliste à Alger Républicain, il est le dernier à avoir vu Maurice Audin vivant

Trois portraits de femmes

Le commencement

 

Gisèle Halimi

Gisèle Halimi

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir

Simone Veil

Simone Veil

Le Comité Pour Djamila présidé par Simone de Beauvoir

 

Germaine Tillion, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück.

Germaine Tillion, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück.

Françoise Giroud

Françoise Giroud

Dominique Desanti

Dominique Desanti

Lucie Faure

Lucie Faure

Anise Postel-Vinay, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück.

Anise Postel-Vinay, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück.

Héléne Parmelin

Héléne Parmelin

Marguerite Duras

Marguerite Duras

Genevieve de gaulle.

Genevieve de gaulle.

Marie-José Chombart de Lauwe

Marie-José Chombart de Lauwe

Elsa Triolet

Elsa Triolet

Michèle Audin, CNRS

Michèle Audin, CNRS

Françoise Mallet-Joris

Françoise Mallet-Joris

Francoise Sagan en 1960

Francoise Sagan en 1960

Additif

Femmes d'Alger engagées dans la lutte pour l'indépendance, photo non datée

Femmes d'Alger engagées dans la lutte pour l'indépendance, photo non datée

Commenter cet article

covix 31/12/2015 20:49

Toujours à la ponte du combat, rarement glorifiée.
Bonne fin d'année
@mitié

med médiène 02/01/2016 21:34

J'ai revu le petit papier sur "Combats de femmes." Il était vraiment mal fichu. Là, je crois qu'il est moins pire. A qui songiez-vous quand vous dites ... rarement glorifiée?".
Bon début de semaine et d'année.
Amitiés.