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Publié par med médiène

Victor Hugo à Jersey, 1852

Victor Hugo à Jersey, 1852

Victor Hugo, Razzias et Enfumades en Algérie.
 

Victor Hugo dans ce très court passage de Choses vues nous livre les confidences que lui a faites à Jersey un officier supérieur sur le comportement de l’armée d’Afrique en Algérie. Les informations rapportées prennent, dans l’horreur banalisée, une force que souligne le style volontairement distancié utilisé par le poète exilé. Il en parle, lui "l'écho sonore de (son) siècle", d’un ton inhabituellement neutre, comme s’il rendait compte d’un spectacle donné aux Variétés ou d’une pièce jouée au Théâtre-Français. Les confidences de son interlocuteur dévoilent trois types de modus operandi adoptés par l'armée française et donne le nom de certains des officiers qui la commandaient.
- Razzias et crimes généralisés sur les populations civiles
- Impunité des responsables d'actes de barbarie

- Enfumades de tribus entières ordonnées par les généraux Cavaignac et  Pélissier.
Choses vues : "Le général Leflô me disait hier soir, le 16 octobre 1852 : - Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir des soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreille aux femmes et les oreilles avec, ils leur coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux. Quand un Arabe était pris, tous les soldats devant lesquels il passait pour aller au supplice lui criaient en riant : cortar cabeza ("On va te couper la tête.")
Le général Duflô continue : "Le frère du général Marolles, officier de cavalerie, reçut un enfant sur la pointe de son sabre (pendant la prise de Constantine.) Il en a du moins la réputation dans l’armée, et s’en est mal justifié. "
Le confident de Hugo ne s'étend pas sur les "Atrocités du général Négrier" mais il évoque la cruauté du Colonel Pélissier (futur Gouverneur Général de l'Algérie.) "Le colonel Pélissier est l'auteur des enfumades des grottes du Dahra, en juin 1845. En juin 1844 il y avait eu celles des grottes des Sbehas commises par le général Cavaignac. La technique consistait à asphyxier les habitants des villages incendiés (politique de la terre brûlée initiée par le maréchal Bugeaud) réfugiés avec leur bétail dans des grottes que l'on murait après y avoir allumé des feux de broussailles." Des tribus entières de paysans ont été ainsi "gazées" avant la lettre. Hugo, poète engagé (pour la liberté des peuples, contre la peine de mort, contre l'esclavage...) et témoin éclairé de son temps, clôt cette conversation polie par ce lapidaire et amusé constat: "les Arabes fumé
s vifs."

Victor Hugo en exil

Victor Hugo en 1852 à Jersey

Victor Hugo en 1852 à Jersey

Victor Hugo en 1853 à Jersey

Victor Hugo en 1853 à Jersey

La prise de Constantine

Le siège de Constantine, 1837

Le siège de Constantine, 1837

Horace Vernet, La prise de Constantine, 1837

Horace Vernet, La prise de Constantine, 1837

Gravure, La prise de Constantine, 1837

Gravure, La prise de Constantine, 1837

Généraux

Maréchal Bugeaud, le maître d'oeuvre

Maréchal Bugeaud, le maître d'oeuvre

Général Leflô

Général Leflô

Général Cavaignac

Général Cavaignac

Général Négrier

Général Négrier

Général Pélissier

Général Pélissier

Une eau forte

Tony Johannot, Les grottes du Dahra, eau forte, 1845

Tony Johannot, Les grottes du Dahra, eau forte, 1845

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