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Publié par med médiène

Gérard de Nerval, gravure

Gérard de Nerval, gravure

Bio express
Gérard de Nerval est né à Paris le 22 mai 1808.
Une longue et forte amitié le lie à Théophile Gautier son condisciple du collège Charlemagne.
Fin germaniste et amoureux de la langue allemande il traduit le Faust de Goethe.
En 1834 il effectue son premier voyage en Italie. Omniprésence du rêve dans ses premiers écrits. A son retour il rencontre et s’éprend de Jenny Colon (la future Aurélia), une comédienne à succès, qui se lasse assez vite de lui et le quitte pour se marier. Gérard de Nerval n’accepte pas cette rupture : sa raison vacille.
Des troubles mentaux l’agitent à partir de 1841. Il est soigné dans une maison de santé du docteur Blanche.
Jenny meurt en 1842. Cette disparition accentue sa propension aux rêves mystiques. Il invente Aurélia, une créature céleste qui se confondra avec les déesses orientales.
En 1843 il part en Orient. Il se passionne pour les mythologies et les mystères antiques, pour les cultes ésotériques et la franc-maçonnerie. Il s’intéresse à l’histoire des religions et prône en cette matière un syncrétisme fait de monothéisme et de panthéisme.
En 1851 il termine la rédaction de Voyage en Orient et le publie.
Le matin du 26 janvier 1855 il est retrouvé pendu rue de Vieille-Lanterne, une ruelle sale du vieux Paris.
La veille il avait laissé ce mot à sa tante : « Ne m’attends pas ce soir car la nuit sera noire et blanche. »
Ses œuvres capitales sont publiées à titre posthume.
Voyage en Orient, 1851 - Les Filles du feu, 1854 - Les Chimères, 1854 - Aurélia, 1855.
Le voyage
On peut suivre l’itinéraire du périple nervalien à partir de la version définitive du Voyage en Orient. Le récit final regroupe deux voyages que Nerval effectue à quatre ans d’intervalle. Le premier relate son séjour à Vienne. Le second, plus important, plus long, plus révélateur raconte son année passée en Orient.
Plan du Voyage en Orient
Vienne. Vers l’Orient
1) Les femmes du Caire
Les mariages. Le bazar
Les esclaves
Le harem.
2) Druzes et Maronites
Histoire du Calife Hakem
Le haschish.
3) Les Nuits du Ramadhan.
Stamboul et Péra
Le Caragueuz
Les buveurs d’eau
Les Derviches
L
es conteurs : Histoire de la reine du matin et de Soliman.

Premier voyage. Vienne, 1839-1840.
Fin octobre 1939 Nerval quitte Paris pour Genève puis en novembre il arrive à Vienne, la porte de l’Orient terrestre, où il reste jusqu’en mars 1840.
Ce voyage est décrit dans Lettres de Voyage (1840) dans lesquelles Nerval se montre avec humour dans le rôle du voyageur. Il prépare en fait sa future expédition en l’Orient. Dans ces lettres le poète supplante le voyageur. Il décrit les femmes de Vienne et laissant aller son imagination il s’invente des amours rêvées et des aventures de héros de romans.
Ses crises d’hallucination se font de plus en plus violentes.
Second voyage. L’Orient, 1843.
Afin peut être de prouver à son entourage qu’il est un homme comme les autres Nerval entreprend son voyage en Orient. Il espère ainsi trouver matière à livres et à articles et aussi à oublier son amour mort.
Le premier janvier 1843 Nerval embarque à Marseille. Le navire est confronté à « un temps affreux » qui ralentit la traversée.
Débarqué à Alexandrie il visite le port et ses environs puis il se rend au Caire.
Nerval habite quelques jours dans un hôtel. Il loue ensuite une maison dans le quartier Copte et prend un domestique. Marchant et regardant il explore rue à rue la capitale égyptienne. Ses pérégrinations le font tour à tour assister à la Pâque des Coptes et des Grecs, à la fête turque de la naissance du Prophète et à l’impressionnant retour des pèlerins revenant de La Mecque.
Il rôde aux abords des Pyramides, se remémorant in situ ses lectures sur l’Orient.
La peste s’étant déclarée à Beyrouth où il voulait aller il s’attarde plus que prévu au Caire.
L’épidémie enrayée, Nerval part enfin pour Damiette et rejoint Beyrouth d’où il fait « des excursions dans le Liban ». Il ne peut aller à Damas atteinte elle aussi par la peste, ni à Balbek assiégée par les Druzes.
Le 25 juillet on le retrouve à Constantinople. Il loge à Péra sur la rive occidentale de la ville où son ami le peintre Camille Rogier tente de le distraire de ses démons intérieurs.
De nouveau seul et désespéré, Nerval demande à Théophile Gautier de le rejoindre. En vain.
Nerval traverse le Bosphore et s’installe dans un khan, sorte d’hôtel oriental. Là vivant au milieu de la population locale et se comportant comme elle il éprouve le sentiment d’avoir atteint son but. Toucher physiquement
Mais fatigué et mentalement incertain il embarque pour la France le 28 octobre 1843. Il arrive à Paris le 25 décembre.
Sur son état Nerval écrit : « Ni la mer, ni la chaleur, ni le désert n’ont pu interrompre cette belle santé dont mes amis se défiaient avant mon départ. J’ai fait oublié ma maladie par un voyage, je me suis instruit, je me suis amusé… »
Le récit.
Huit années séparent le moment du voyage (1843) et celui de sa publication (1851).
Nerval veut s’écarter de ses prédécesseurs, surtout Chateaubriand et Lamartine qu’il appelle ironiquement « les grands seigneurs ».
Il évite de parler d’Athènes et de Jérusalem et centre son propos sur Le Caire et Constantinople accordant entre ces deux pôles une large place au Liban.
Le récit est pris en charge par un narrateur/voyageur qui confère au propos la forme d’un « roman-voyage » fait d’impressions et de sensations.
Les Impressions de voyage avaient été mises à la mode juste après 1830 par Alexandre Dumas, lui même grand voyageur.
Dans son texte Nerval fait « la part belle à l’insolite, au particulier, aux hasards de la vie quotidienne et à sa poétisation, à l’esprit, à l’humour. »
« Les voyages organisés » lui sont étranger. Il s’est toujours défendu de « voir les curiosités selon l’ordre des itinéraires » comme il a évité de s’intéresser « aux monuments et aux objets d’art. » Il avoue son peu d’intérêt pour l’archéologie et les objets d’art. Cette indifférence pour les vestiges du passé et les chemins tout tracés lui a fait perdre beaucoup en terme de connaissance. Mais il reconnaît avoir énormément gagné grâce aux rencontres humaines qu’il a faites.
Le voyageur, selon Nerval, doit être complètement disponible et aborder avec sympathie les peuples chez qui il s’invite. Plus que ses prédécesseurs il décrit ces peuples, qu’il sent proches de lui, avec une réelle empathie – comme s’il les reconnaissait. « Nos pères viennent de là » dit-il.
Impressions, sensations et intuitions. Mais aussi, au fil du texte, l’intrusion du roman – de la fiction. Ainsi les chapitres où il est question de Zeynab, l’esclave achetée ; de Saléma - « blonde aux yeux noirs » - la fille du cheikh druze ou encore du très long tex
te narrant un épisode de la vie de la reine de Saba.

Le voyage de Nerval

Le voyage de Nerval

Le voyage en Orient de Gérard de Nerval, 1843
Le voyage en Orient de Gérard de Nerval, 1843
Le voyage en Orient de Gérard de Nerval, 1843
Le voyage en Orient de Gérard de Nerval, 1843
Le voyage en Orient de Gérard de Nerval, 1843
Nerval tombe amoureux de J C en 1837

Nerval tombe amoureux de J C en 1837

Jenny Colon

Jenny Colon

Commenter cet article

Parisianne 18/06/2015 11:08

Soyez le bienvenu dans la communauté Les yeux ouverts, merci de ces partages de mots, d'images et d'envies.
Amicalement
Anne

med médiène 26/09/2015 17:53

Bonjour Anne,

Grand merci à vous. J'espère que ce que vous lisez de moi ne vous ennuie pas trop.

Belle fin de journée à vous.

Amitiés.
M.M.